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BOUDDHISME ET FOI CHRETIENNE - conférence de Dennis GIRA

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Publié le 03/03/2005
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Conférence du jeudi 3 mars 2005
( l’Auditorium de la Louvière à Épinal)
BOUDDHISME ET FOI CHRETIENNE

Culture et foi invitait largement à une conférence de Dennis GIRA, spécialiste reconnu de cette question, le 3 mars dernier à la Louvière à Épinal.
Voici quelques échos de cette conférence .

BOUDDHISME ET CHRISTIANISME : de la tolérance au dialogue

Expérience œcuménique au Vatican : dans une salle des cardinaux, un groupe de toutes sortes de personnes de religions différentes essaie de trouver un mot à partir duquel on pourrait parler. Les chrétiens occidentaux proposent que les relations entre les nations doivent se fonder sur la tolérance : aussitôt, refus de la majorité. Car la plupart ont vécu la tolérance dans leur pays.
Ce n’est pas drôle d’être toléré. On ne peut avoir une nation qui en tolère une autre. Je tolère X : il n’y a que " je " qui agit. On a remplacé tolérance par " dialogue " qui suppose égalité, là on est partenaires à part égale. Les relations entre les nations doivent se fonder sur le dialogue.
Être convaincu qu’on a besoin de l’autre pour avancer. Il faut faire effort pour comprendre qui est l’autre : " Le monde a besoin de vrai dialogue, de parler vrai. " cf. Camus Avoir l’instinct de dire " ce que j’entends de l’autre, je l’interprète à partir de ce que je suis. "

COHÉRENCE BOUDDHISTE.

/3-vie_eglise/archives/dennis-gira/04.jpgLe vrai bouddhisme ?
Il y a beaucoup de formes. Avec un seul chef ? le Dalaï Lama ? Non, il n’est chef spirituel que de 3/100 des bouddhistes. Il y a DES bouddhismes.
Le zen n’est qu’une petite partie. Tout est différent à travers les couleurs et les drapeaux.

Comment parler de l’arbre bouddhique ? Depuis 2500 ans, surtout dans l’Inde, il prendra différentes formes selon les missionnaires. On ne pouvait pas replanter l’arbre bouddhique indien en Chine. Ça n’aurait pas repris. Alors on a procédé par greffes. En Chine il y a deux grands courants : le taoïsme et le confucianisme, à partir desquels les greffes ont donné des bouddhismes originaux. On a aujourd’hui tous ces arbres à la fois, c’est une forêt. On peut goûter la sève de ces arbres. Ça vient de-ci, de là.
C’est parti de l’expérience de l’homme qui a beaucoup de noms : le Bouddha c’est à dire l’éveillé, éveillé à la vérité et pour cela libérer l’homme de ce qui pèse sur lui. Depuis 2500 ans c’est l’expérience de milliards d’homme dans le monde.

Au VI ème siècle avant Jésus-Christ arrive le Bouddha.
L’enfant est né dans une famille royale , les sages l’entourent et discernent les 32 signes d’un grand homme indien sur le corps du petit. Quand le père a entendu les sages, il était très heureux… Il règnera sur le monde ! Non disent les sages, il quittera la maison. Le père essaie de le protéger contre le négatif de la vie, on lui cache la vieillesse, la maladie, la mort. Mais l’expérience lui fait rencontrer la réalité et un jour Bouddha quitte le palais. Il médite et découvre l’enseignement de l’expérience.
On vit dans des palais dorés. On se protège contre la vieillesse. Le bouddhisme nous met devant la réalité... Celui qui accepte la vieillesse est sage. Avec la maladie, c’est pareil ! "on a le droit à la santé…Sinon, c’est la faute du médecin, ou c’est le gouvernement qui est responsable." Or, nous sommes des êtres qui tomberont malades un jour. C’est sûr.
L’homme trouve toujours à se protéger contre la conversion, on n’aime pas penser à çà. On ne veut pas se faire interroger par les religions... Il faudrait changer, c’est un instinct terrible ! Cela explique certaines résistances aujourd’hui : lorsque l’Église parle, quand elle condamne les ventes d’armes, personne n’en parle ; s’il est question de morale sexuelle, dès le matin tout le monde en parle. On se construit un palais doré pour ne pas voir la réalité.

Bouddha quitte donc le palais et prêche 4 nobles vérités :

1. Tout est souffrance.
2. La cause de la souffrance, c’est le désir qui découle d’une idée erronée de ce que je suis, donc je n’en sors pas.
3. L’extinction des désirs ; en corrigeant l’idée fausse, on arrive à se libérer
4. Le régime qui va permettre d’arriver à la guérison

LA CLÉ : tout est " toukha", souvent traduit par souffrance

Le Bouddha n’a jamais dit que tout est souffrance par ce qu’il n’était pas français.
Nous jugeons ce que font les autres à partir de ce que nous sommes. Nous sommes différents, marqués par notre culture judéo-chrétienne
Tout est TOUKHA
Question : Quel a été le moment le plus heureux de ma vie ? À ce moment, qu’est-ce que je voulais le plus ? Est-ce que cela peut durer ?
L’homme est le seul être capable de penser qu’il n’aura jamais ce qu’il désire. "Je tourne en rond, et je n’y arrive pas."
Quelque chose en nous résiste au changement, quelque chose d’éternel - ce " soi " permanent doit s’épanouir - alors nous voulons attacher beaucoup d’importance au " soi. "
Accepter que je sois éphémère : il nous faut apprendre à nous détacher de nous par la méditation.
Aucun être n’a une existence propre.
L’idée de Dieu ne monte pas à l’ esprit des bouddhistes, ils ne sont pas contre.

LA VOIE CHRÉTIENNE.

Il ne faut pas comparer. mais voir les cohérences internes. De même qu’il y a une cohérence interne au bouddhisme, il y a une cohérence profonde du christianisme. Tout s’explique par Dieu. Toute proposition doit être vécue par mon expérience humaine. Or, mon expérience fondamentale c’est la relation interpersonnelle. Cette relation me fait vivre : ma femme, par exemple pour moi elle est un mystère que je n’ai jamais cessé de découvrir. Après 30 ans, je commence à la découvrir. Ne pas m’enfermer dans l’idée que je me fais d’elle. Définir une personne est tuer cette personne.
Ne pas se réduire à l’idée que je me fais de moi-même. Cela se fait dans les relations interpersonnelles.

Quelle est la tradition qui valorise le plus la relation interpersonnelle ?
Je me suis tourné vers le christianisme car tout, de haut en bas, parle de cette relation : la Trinité. L’absolu n’est pas monolithique, mais dynamique à l’image de Dieu.
Si je m’isole des autres, je ne peux pas arriver au bout.
Le mot clé c’est la communion.
L’accomplissement de l’homme dans la résurrection est relation. L’homme est lié à sa relation avec Dieu et aux autres. Le choix de la croix (mort et résurrection) cela fait corps, cohérence avec ce que je suis.
Le Christ est prêt à donner sa vie. Il la donne. Je suis prêt à donner ma vie pour lui.

D’après les notes de M. HOUOT

Agenda diocésain
Samedi 19 mai 09:00-10:00
Préparation des Messes du mois de JUIN
Au presbytère de DARNIEULLES
Du 19 mai 12:16 au 20 mai 13:16
Autrey
Samedi 19 mai 14:00-15:30
Deyvillers, salle de la cure
Du 19 mai 15:00 au 20 mai 20:00
Samedi 19 mai 20:00-22:00
Oratoire de Notre-Dame
Samedi 19 mai 20:30-22:00
Dimanche 20 mai 10:30-11:30