Après le témoignage de Soeur Françoise-Noël au Congo et du père Daniel au Tchad, destination L‘Equateur et l’Algérie avec nos missionnaires vosgiens. Extraits
Soeur Odile Noël, Équateur
« ...Nos pays commencent à sentir les
effets de la crise financière mondiale.
L’Equateur a voté majoritairement une
nouvelle constitution qui est une espérance
pour notre pays, mais en même
temps la crise financière crée une situation
difficile pour la mettre en pratique.
La nouvelle constitution parle des droits
de la terre, de l’écologie et comporte
bien des articles pour une « meilleure
vie », ce que les Indiens appellent le
« sumak kausay ».
Cette année nous étions quatre en fraternité
jusqu’en avril :
Maritza, notre soeur salvadorienne,
après deux ans ici, est repartie pour son
pays...
Sabine continue de travailler au dispensaire
et à aider les mamans à accoucher...
Christine, jeune soeur
allemande, depuis
trois ans avec nous,
collabore à la formation
et l’accompagnement
des catéchistes
et des communautés
chrétiennes, elle a été
nommée coordinatrice
de la commission
diocésaine des jeunes...
Avec Odile, je continue
mon travail d’accompagnement
des
catéchistes et des
communautés, avec
Christine, chacune étant chargée de cinq
villages.
Le petit projet d’éducation populaire
persévère : 4 vont obtenir leur
diplôme de bachelier, option sciences
sociales, ils travaillent spécialement à la
récupération des valeurs de la culture
indienne. Ils continuent aussi l’agriculture
biologique et donnent leur appui à
une organisation de petits agriculteurs
en vue du commerce équitable, avec la
collaboration du ministère de l’agriculture...
Au sujet du climat, certaines zones ont souffert de pluies trop abondantes, et bien des routes ont été détruites ainsi que beaucoup de cultures. Notre voisin, le volcan Tungurahua s’est un peu calmé, mais continue d’être en éruption : nous recevons de temps en temps des chutes de cendres, mais ce n’est pas dangereux...
Tout cela nous invite à vivre en profondeur
la mission qui nous est confiée :
témoigner de l’amour du Christ, de la
compassion, quelles que soient les situations
dans lesquelles nous nous trouvons
et spécialement envers les plus pauvres.
Nous essayons humblement de le vivre
bien que la tâche ne soit pas facile. Je
commence à sentir le « poids des
années »...Ici, dans la spiritualité
indienne, on dit que les plus âgés vont
« devant », ils donnent beaucoup de
valeur à la sagesse des anciens ; tant de
choses que nous recevons du monde
indien, à commencer par leur amour de
la terre, de l’écologie, l’eau, l’air...
Dieu
est vraiment présent dans tous les peuples.
Je vous redis ma profonde communion
dans le Seigneur et dans la lutte pour le
Dieu de la vie. »
Soeur Hélène Huret nous écrit de Tebessa, en Algérie :
« Ici à Tebessa,
la vie continue
entre le soutien
scolaire et
les amitiés qui
se nouent ;
c’est ma 3e
année ici et je
suis toujours
étonnée et admirative par l’accueil reçu
dans les familles. Je découvre de mieux
en mieux notre tout petit diocèse de
Constantine, petit par le nombre de ses
membres, pas par la surface !
Les laïcs
sont essentiellement des étudiants subsahariens.
Les religieuses et les prêtres
assurent essentiellement le ministère de
la rencontre. Ici à Tebessa dans cette ville
de 80 000 habitants au moins, nous
sommes les seules chrétiennes...
Mais notre petite Église me fait de plus
en plus découvrir ce que devaient être
ces toutes premières communautés
chrétiennes que Paul servait autour de la
Méditerranée, avec leur pauvreté et leur
richesse...
J’admire toujours les prêtres
qui viennent à tour de rôle chaque
week-end... et nous sommes à 200 km
de Constantine. Vraiment ce sont des
frères ! Et c’est vrai que pour tenir il faut
que notre unité d’Eglise se sente.
Nous allons changer d’évêque. Nous
perdons un frère très attentif à la vie de
nos petites fraternités semées dans le
sud de son diocèse...
Dans notre monde déchiré par tant de
guerres, vous vous doutez combien les
frappes israëliennes sur Gaza sont ressenties
ici ! Et les haines que ça soulève.
Prions ensemble pour la Paix. Croyez en
ma fraternelle amitié et à ma reconnaissance.
»
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