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Saint Amé

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Publié le 05/02/2011




Premier Abbé du Saint-Mont

Quoique issus d’horizons très différents, Saint Romary et Saint Amé sont, dans l’Histoire, étroitement associés aux origines du Saint-Mont, qu’ils ont fondé de concert ; sympathique duo, par quoi a retenti pour la première fois le message évangélique en nos Vosges méridionales.

Il s’ensuit que l’un et l’autre nous sont connus par des documents sérieux, la Vie de Saint Amé ayant été rédigée par un contemporain, qui pourrait bien être Jonas, cité ici à maintes reprises à propos des grands Colombanistes. Editée pour la première fois par Mabillon en 1668, cette Vie a, depuis lors, trouvé audience auprès de tous les historiens.

Amé, que certains auteurs écrivent Aimé, par traduction littéraire du latin « Amatus », descendait d’une famille de la noblesse gallo-romaine du Dauphiné. Il naquit à Grenoble vers 570. Son père, Héliodore, étant représenté comme un homme très pieux, on en conclut, sans autre détail sur son enfance, que le jeune Amé reçut au foyer une éducation chrétienne. Mais pour la parfaire, Héliodore envoya son fils à Agaune, sur le Rhône, dans le Valais suisse actuel. La célèbre abbaye de Saint-Maurice, fondée depuis peu sur la tombe des Martyrs de la Légion Thébéenne, se doublait, comme la plupart des monastères, d’un centre de culture ouvert à la jeunesse. Amé, d’abord simple étudiant, travailleur et distingué, se sentit bientôt appelé et entra comme novice au monastère.

Devenu prêtre, il s’intéressa avec une ferveur particulière à la pratique de la prière perpétuelle, la « laus perennis ». Celle-ci s’y était instaurée dès le début, car on en trouve la mention précise dans une homélie de Saint Avit, archevêque de Vienne, au VI° siècle, l’abbaye d’Agaune se situant alors dans les limites de son vaste diocèse. Une trentaine d’années, Amé vécut ainsi en moine exemplaire, avec un attrait remarqué pour la vie mystique, ce qui, à la longue, le détermina à réaliser un exploit tout à fait singulier.

Un beau matin, il disparut du monastère. Trois jours durant, on le chercha en vain, pour le découvrir finalement blotti dans une anfractuosité de la montagne qui surplombe, en falaise abrupte, l’abbaye. Invité à réintégrer le bercail, il n’en fit rien. « Laissez-moi, répondit-il à ses frères, pleurer mes péchés dans ce lieu resserré. » Cette fugue, digne d’un collégien, semble peser toujours sur sa mémoire, car aujourd’hui encore, aux yeux des Religieux d’Agaune, notre Saint fait figure d’original fieffé.

Le Supérieur d’alors fut pourtant moins sévère. Sagement, il décida de ne pas contrecarrer le dessein de Dieu sur l’âme marquée à ce point pour la pénitence dans la solitude. Il chargea même Frère Bérinus d’assurer le ravitaillement de l’ermite, qui, du reste, simplifia le service. « Du pain et de l’eau tous les trois jours, je ne veux rien de plus ! »

De ses propres mains, il aménagea la grotte et construisit un oratoire dédié à Notre-Dame des Martyrs, où il célébrait la messe, s’unissant de loin à l’Office monastique, annoncé par les cloches qui tintaient tout le jour à 90 mètres plus bas. Résolu de livrer au diable un vigoureux combat, il multipliait les austérités les plus dures, couchant sans paillasse à même la roche, se privant de sommeil, refusant tout secours, toute visite, hormis celle de son Abbé ou celle de l’Evêque voisin, qui, de Sion, montait jusqu’à lui pour s’édifier en sa compagnie.

Cette réclusion durait depuis trois ans, lorsqu’eut lieu l’entrevue curieuse que nous relatons dans la vie de Saint Eustaise. Nous nous bornons à souligner ce qu’a d’inattendu, de vraiment original, une telle détermination. Quoi ! Voilà un moine qui, en dépit de la règle, s’enfuit du monastère, pour vivre dans une grotte et qui, subitement, se jette sur les routes, pour réintégrer, à la suite d’un Abbé de passage, l’abbaye de Luxeuil, à cent lieues de là ! C’est au travers de ces apparentes incohérences que le Seigneur destinait aux Vosges un de leurs apôtres, Saint Amé lui-même n’en savait rien ; il lui suffisait de suivre aveuglément les impulsions de l’Esprit, comme Abraham jadis, qui n’a l’air d’un aventurier que par sa foi magnifique et totale.

L’épisode, du moins, nous familiarise utilement avec le Saint, qui nous réserve encore d’autres surprises.

Au moment où il quitte sa grotte, qu’on visite aujourd’hui sous le nom de Notre-Dame de Scex (saxum), signalons que des fouilles archéologiques ont permis, en 1958, de retrouver sous la chapelle plus vaste édifiée au XVIIe siècle, les vestiges de la cellule primitive et de l’oratoire, absolument conformes aux traditions érémitiques de l’Orient.

De nouveau cloîtré à Luxeuil, au milieu de centaines de frères, Saint Amé simplement s’adapta vite aux exigences nouvelles de la règle colombaniste, sous le regard paternel de Saint Eustaise, suivant de près cette étonnante recrue, non par défiance prudente – le Père Abbé d’Agaune l’avait pourtant prévenu – mais pour en déceler toutes les ressources.

C’est ainsi qu’il ne tarda pas à découvrir dans ce petit homme affable, tout appliqué à mériter son nom, un zèle ardent, mûri dans le silence et la contemplation, une parole brillante et facile, en un mot, toute l’étoffe d’un excellent prédicateur.

Peu de temps après, il l’envoya donc en Austrasie, inaugurant avec ce moine étrange une forme de pastorale qui lui tenait à cœur et que nous appellerions aujourd’hui les missions paroissiales. Pour éviter ici encore la redite d’un épisode récemment raconté, rappelons seulement que, de la mission de Metz, notre prédicateur ramenait à Luxeuil Saint Romary, qui ne devait plus le quitter.

Nouvelle fugue, cette fois avec la permission du Supérieur. Le noviciat du leude messin à peine terminé, les voilà qui arrivent ensemble au Saint-Mont pour y fonder leur œuvre. Dans cette entreprise « en commandite », dirions-nous, l’un et l’autre se complétèrent merveilleusement. A Saint Romary, qui en eut l’initiative et qui, à titre de propriétaire, en fournit le domaine, revenaient le soin de la construction et la gestion matérielle. Saint Amé eut, pour sa part, la direction spirituelle du double monastère. Très attaché à la règle de Saint Colomban dans sa rigueur première, il entendait, pour ses ouailles, la tempérer de spiritualité bénédictine, empruntée à l’abbaye d’Agaune.

Dans cet esprit, il n’eut pas de peine à gagner ses moniales à la pratique exaltante de la « laus perennis », se déroulant dans les sept chapelles que leur édifia la diligence de Saint Romary. Ainsi, le Saint-Mont, filiale remarquable de Luxeuil, devenait une nouveauté en Lorraine, avec cette pointe d’originalité, bien dans le style de Saint Amé.

Désormais, toute une vie de pénitence et de prière chantante s’épanouissait au sommet de la montagne, illustrée de miracles que le chroniqueur se plaît à nous conter : guérison du boiteux, miracle des abeilles, d’une fraîcheur toute évangélique. Par la sagesse de son gouvernement abbatial, notre Saint a donc mérité pleinement le titre de premier Abbé du Saint Mont que lui a gardé l’Histoire.

Il n’empêche que, sans y déroger en quoi que ce soit, Saint Amé, demeuré ermite dans l’âme, se laissa reprendre par le goût de la solitude au contact de la forêt vosgienne. Ayant repéré, au bas de la montagne sur son flanc sud-est, une roche creuse, il décida d’y établir sa résidence habituelle et vint s’y installer, ce qui est une façon de dire. Par une longue corde glissant le long de la paroi, le monastère d’en-haut lui servait sa maigre pitance.

Reprenant tout à son aise ses austérités d’antan, Saint Amé s’imposait pourtant de remonter par des sentiers abrupts jusqu’au sommet, pour assurer chaque dimanche la prédication aux religieuses, en des homélies toutes simples où passaient son âme méditative et le fruit de ce perpétuel cœur à cœur avec Dieu dans le silence des grands sapins.

Dans cette grotte, si semblable à celle du Valais, le Saint devait passer les huit dernières années de sa vie.

Pareille mortification, accentuée par la rudesse du climat vosgien et l’humidité de la roche, provoqua à la longue une maladie osseuse qui le fit bien souffrir, sans altérer le moins du monde ni sa sérénité, ni sa douceur.

Aux approches de la mort, il se fit étendre sur un lit de cendres. Après avoir fait sa confession publique en présence des frères accourus à son chevet, il pria l’un deux de lui lire la lettre du Pape Léon à Saint Flavien, admirable profession de foi catholique. C’est au chant des psaumes qu’il s’éteignit le 13 septembre 629.

Il fut inhumé au sommet du Saint-Mont, à l’entrée de l’église Notre-Dame et non à l’intérieur, comme Saint Romary l’eût désiré. Le cher compagnon avait en effet déjà fait creuse sa tombe, le dernier dimanche où il avait pu remonter, avec l’épitaphe de sa main, dont voici un extrait : « Homme de Dieu qui entres pour prier en ce saint lieu, si tu mérites d’obtenir ce que tu sollicites, daigne implorer la miséricorde du Seigneur pour Amé, pénitent ici enseveli... » Touchante imploration, toute de gentillesse et d’humilité, qui le dépeint tout entier.

Mais le peuple chrétien contrevint aux dernières volontés de l’ermite. Devant l’affluence des pèlerins, force fut, l’année suivante, de déplacer la tombe à l’intérieur de l’église, où, dix ans plus tard, viendra le rejoindre le corps de Saint Arnould, en attendant le retransfert à Metz.

Quant à la grotte, elle fut soigneusement conservée par les religieuses du Saint-Mont et devint à son tour un lieu de pèlerinage. Au pied de la roche, on aménagea un assez vaste terre-plein, où, par la suite, devait s’élever l’église paroissiale de Celles, berceau de la paroisse actuelle de Saint Amé. Bien avant l’an mil en effet, plusieurs hameaux étaient nés en couronne au pied du Saint-Mont. Nous avons déjà mentionné Saint-Etienne et Dommartin. Elle avait campé ses installations rurales, à l’abri des inondations, sur les buttes rocheuses que franchit aujourd’hui la route de Gérardmer. Et il est surprenant que la chrétienté de Celles ait tenu à avoir son église, perchée dans la montagne, à un kilomètre de la route. Tant on attachait de prix à se tenir le dimanche sur les lieux mêmes qu’avait sanctifiés le patron de la paroisse, à reposer près de la grotte après la mort. Jusqu’au XVIIIe siècle, en effet, le cimetière occupa la quasi-totalité du terre-plein.

Pendant cette longue période, le service de l’église fut assuré par les chanoines du Chapitre de Remiremont. Une chapelle de secours se voit encore au bord de la route, où se célébraient les messes en semaine. Ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle, en raison du peuplement de la vallée se portant surtout vers l’agglomération de La Nol, que le centre paroissial se transféra, changeant de vocable, à l’emplacement actuel de Saint-Amé. L’église qu’on y voit fut terminée en 1725 et, le 22 août 1732, Monseigneur Scipion-Jérôme Bégon, évêque de Toul, venait la consacrer avec maître-autel. Le parchemin et le coffret des reliques, soit dit en passant, viennent d’être retrouvés intacts dans la table de pierre, lors de l’installation actuellement en cours d’un monumental autel de granit.

Mais retournons au « Vieux Saint-Amé » ; c’est le nom donné depuis lors à l’antique enclos paroissial. Plusieurs églises se sont, au cours des âges, succédé là. De la dernière en date, d’intéressants vestiges (trois bases de colonnes et une croisée d’ogives du XVIe siècle) ont été encastrés dans la petite chapelle bâtie à 20 mètres de la grotte, en 1882. Celle-ci, en partie obstruée par les gravats tombés de la montagne, fut reconstituée pour la circonstance : simple niche en pierres de taille, fermée d’une grille protégeant une statue du Saint ermite agenouillé.

Dans ce cadre magnifique, auquel on accède par un chemin rocailleux, se déroule chaque année, le 13 septembre, le pèlerinage traditionnel de Saint Amé. En 1941, Monseigneur Blanchet tint, à cette occasion, à en consacrer l’autel de granit rose. Deux pèlerins insignes sont montés également au Vieux Saint-Amé : le 11 juin 1933, c’était Monseigneur Burquier, Evêque-Abbé de Saint-Maurice d’Agaune, et le 29 juin 1953, Monseigneur Haller, son successeur. Tous deux, invités aux fêtes d’Epinal (érection de l’église Saint-Maurice en basilique, puis millénéraire de la Ville), ont voulu, en compagnie de l’Evêque du Diocèse, rendre cet hommage à l’illustre moine d’Agaune.

Outre la paroisse, née au XVIIIe siècle et à laquelle il a donné son nom, Saint Amé en patronne encore deux autres, dépendant jadis du doyenné de Remiremont, à savoir Plombières-les-Bains et Raon-aux-Bois. Ainsi, cette dernière se trouve-t-elle bien marquée par l’influence de Luxeuil, puisqu’elle est déjà, nous le verrons, un centre de culte en l’honneur de Saint Desle.

Quant à Plombières, sa première église fut dédiée à Saint Amé, alors qu’elle n’était encore qu’une annexe de Bellefontaine. Depuis lors, elle a gardé fidèlement sa mémoire et ses reliques, ce qui lui a valu, ces dernières années, une protection spéciale. Comme à chaque fête patronale, la châsse était exposée dans le chœur, le dimanche 17 septembre 1944, tandis que les Allemands, subrepticement, vidaient les lieux. Le lendemain, il y eut devant la châsse abondance de cierges, car la 36e Division américaine faisait, sans coup férir, son entrée dans la cité. Tant de paroisses vosgiennes, hélas ! ont payé dans les ruines et le sang la grâce de leur libération. Plombières, privilégiée, a marqué sa gratitude à Saint Amé par l’ex-voto de marbre qu’on peut voir auprès de son autel dans le transept sud.


Sans être à vrai dire très riche, l’iconographie de Saint Amé apparaît assez variée. Songeons aussi que la destruction totale du Saint-Mont et le pillage, en 1790, de l’Abbatiale de Remiremont, nous ont privés d’une multitude d’œuvre du Moyen Age.

Tout un lot de gravures des XVIe et XVIIe siècles, conservées soit à la Bibliothèque nationale de Paris, soit dans les collections privées de Remiremont, représentent l’ermite dans sa grotte d’Agaune ou du Saint-Mont. L’une d’elles, gravée par le célèbre Jacques Callot, illustre à la page du 13 septembre l’ouvrage édité en 1636 « Les Saints et Saintes de l’année ».

La statuaire vosgienne compte quelques pièces intéressantes. La plus ancienne pourrait être celle du Musée de Remiremont, provenant de la grotte du Saint-Mont. Elle est en bois, assez endommagée, comme le Saint lui-même, avons-nous dit, par un trop long séjour à l’humidité. Trois autres le représentent en abbé, dans un costume... bénédictin, la tête sous le capuchon relevé, le livre de la Règle entre les mains. Celle qu’on aperçoit à la chapelle du Saint-Mont est en pierre de la fin du XVIe siècle. La physionomie très jeune esquisse un sourire ; aux pieds, la mitre de confrérie de premier abbé du monastère. Détails identiques dans la statuette de confrérie de Raon-aux-Bois. L’église de Saint-Amé en conserve deux, également en bois du XVIII° siècle, où le Saint figure dans l’exercice de son ministère ; sur l’une, il est en prédicateur avec surplis et rabat, sur l’autre, on croirait un pontife, en crosse, mitre et chape ; pour bien montrer toutefois que Saint Amé ne fut point évêque, l’imagier, qui connaissait ses rubriques, lui a croisé l’étole sur la poitrine.

A la diligence de M. l’Abbé Lucas, pasteur zélé et historien, qui a tant fait pour le culte de Saint Amé, nous devons deux œuvres modernes : la statue de pierre qui surmonte l’autel du Vieux-Saint-Amé et celle en fonte qui accueille le visiteur dans le jardin paroissial. De part et d’autre de la grande allée, tous les Saints du Saint-Mont lui font cortège, évoqué chacun par un médaillon de bronze fixé à une stèle de granit brut : à gauche, Sainte Perpétue, Sainte Gébétrude, Sainte Claire 653, Saint Romary 653 ; à droite, Saint Emmon, Saint Adelphe 670, Sainte Mactefelde 623, Saint Arnould 640.

Toujours à Saint-Amé, on voit enfin, dans le vitrail axial du chœur, refait en 1946, l’ermite agenouillé avec l’inscription ; « Gentil Sire Amé, priez pour nous. » Délicate invocation caractérisant bien l’attachante figure de ce moine, tour à tour ermite, missionnaire et directeur d’âmes, venu jadis allumer le flambeau de la foi dans nos Vosges méridionales.

Quant à ses reliques, que nous avons laissées en l’église Notre-Dame du Saint-Mont, elles entrèrent dans le culte collectif des « Corps Saints de Remiremont », demeuré célèbre dans toute la région. Sorte de légende dorée, typiquement vosgienne, dont on suit le déroulement à travers d’innombrables pièces d’archives, compulsées naguère avec ferveur par M. Bernard Puton.

Pendant près de deux cents ans, on vénéra au sommet de la montagne les ossements des deux fondateurs, Saint Romary et Saint Amé, auxquels furent réunis par la suite les corps de plusieurs personnages morts en odeur de sainteté dans les deux monastères, et notamment Saint Adelphe, troisième Abbé du Saint-Mont, que nous retrouverons au propre de septembre.

Lorsqu’en 870 les Religieuses quittèrent la montagne pour venir s’installer dans la vallée sur le Rang Sénéchal, cœur du vieux Remiremont, nous assistons à une première translation des Corps Saints. On devine, en effet, que les Moniales ne pouvaient se séparer d’un aussi vénérable palladium.

Relevés presque intacts, assure-ton, les corps furent donc couverts d’aromates et d’étoffes précieuses, puis déposés en des châsses individuelles. Une majestueuse procession, présidée par l’Evêque, avec un grand concours de clergé et de fidèles, descendit de la montagne. Le chroniqueur se plaît à nous conter la splendeur de ce cortège à travers la campagne fleurie, entre autres l’épisode charmant des colombes.

Saint Romary et Saint Amé avaient une prédilection marquée pour ces gracieux volatiles, tradition continuée par les Religieuses. Et voilà que, mues par un instinct pieux, les colombes se joignirent au cortège, voltigeant autour des châsses. Celles-ci une fois installées sur leurs autels, les colombes, renonçant au Saint-Mont, élurent domicile sous le toit de la nouvelle église de Remiremont, et depuis lors elles s’y perpétuent fidèlement, à la joie des pèlerins, entrant du même coup dans l’iconographie de Saint Romary.

Devant l’invasion des Hongrois ravageant la Lorraine à la fin du siècle, les Religieuses remontèrent au Saint-Mont pour y chercher refuge, emportant, bien sûr, les Corps Saints avec elles. L’aventure fut en somme bénéfique, car venues avec trois châsses, elles redescendirent avec une supplémentaire. Pendant le séjour là-haut, on avait en effet retrouvé les restes de Sainte Gébétrude, quatrième Abbesse, laquelle eut désormais sa fête de l’Invention inscrite au 17 septembre.

L’alerte passée, on s’était réinstallé tant bien que mal dans le monastère saccagé. Le culte reprit aussitôt aux abords de l’an mil et dans des proportions telles qu’on conçut le projet d’une vaste église capable de satisfaire la piété à la fois des Moniales et des fidèles. Bientôt érigé, l’édifice fut solennellement consacré par le Pape Saint Léon IX, le 14 novembre 1049. La veille, le Pontife avait procédé à une cérémonie qui était alors l’équivalent d’une canonisation. Les reliques des Saints Romary, Amé, Adelphe et de Sainte Gébétrude étaient liturgiquement identifiées et scellées dans leurs châsses, en présence d’Hugues, archevêque de Besançon, d’Udon, primicier de Toul, dont Saint Léon était encore évêque, d’Oda, abbesse de Remiremont, de Gérard, abbé de Luxeuil, de Lanfranc, abbé de Saint-Etienne de Caen. Ces fastes historiques nous sont attestés de deux manières : par un magnifique parchemin du XIe siècle, longtemps inclus dans la châsse de Saint Amé, aujourd’hui à la Bibliothèque nationale, puis par une lettre que Lanfranc, devenu archevêque de Cantorbéry, adressait à ce sujet à son ami Jean de Bayeux, savant liturgiste.

Ainsi, le Rituel du Chapitre, qui fêtait déjà le 17 mai le souvenir de la première translation, s’enrichit d’une double commémoration : le 13 novembre, dernière translation, et le 14, dédicace de l’église, dont la crypte demeure encore aujourd’hui un magnifique témoin. Celle-ci dut à la robustesse de sa construction en sous-œuvre d’échapper aux incendies qui, en 1057 et en 1145, anéantirent l’église et le monastère.

Sans se démonter, les Religieuses rebâtirent l’église à la gloire de leurs fondateurs, encouragées par deux bulles papales (Innocent IV le 19 septembre 1243, Nicolas IV le 13 septembre 1290) accordant indulgences et privilèges aux pèlerins des Corps Saints. Ces dates nous permettent d’assigner à la fin du XIIIe siècle la belle église d’influence champenoise, dont s’enorgueillit encore Remiremont.

Ce siècle marque d’ailleurs une orientation toute nouvelle de l’antique monastère. Quittant la règle bénédictine, les Religieuses s’érigèrent alors en Chapitre noble de Dames chanoinesses. Et leur Abbesse fut reconnue Princesse du Saint Empire par décret de Rudolphe de Habsbourg en 1290. Un tel changement constituait une dérogation évidente à l’esprit des fondateurs et le culte des Corps Saints, demeuré très populaire auprès des fidèles, s’entoura d’honneurs féodaux par suite de la condition nouvelle de ces Dames.

C’est ainsi que les Ducs de Lorraine étant tenus de venir tous les ans faire visite à l’Abbesse se prêtaient de bonne grâce à rendre, à cette occasion, hommage aux Saints de Remiremont. La première démarche faite par Ferry III en 1295 se renouvela régulièrement pour tous ses successeurs jusqu’au Duc Henri II en 1616. Le cérémonial en honneur pendant plus de trois siècles enjoignait au Duc « chacun an de porter en procession solennelle, le jour de la Division des Apôtres (fête propre au Chapitre le 15 juillet) les glorieux Corps Saints de ladite église de Remiremont ». S’agissant en fait de plusieurs châsses, c’est toute la cour ducale qui participait ainsi à la procession au milieu de l’allégresse générale, en sorte que tous les grands noms de Lorraine figurent comme pèlerins d’un jour dans les annales du Chapitre.

La rançon, pour nos Saints, de cette gloire peut-être trop humaine, fut que leurs reliques partagèrent les vicissitudes tragiques qui ont désolé la Lorraine pendant la guerre de Trente Ans. Lors d’un raid du triste Mansfeld en 1622, force fut, Remiremont n’étant qu’une bien faible citadelle, de mettre les Corps Saints à l’abri des remparts d’Epinal, à la garde des Chanoinesses de Saint Goëry.

En réparation de tous ces dérangements, la générosité des Dames et des nobles de Lorraine s’exprima en donations somptueuses. Tandis que l’Abbesse Catherine de Lorraine, fille de Charles III, érigeait le monumental retable, spécialement conçu pour la présentation permanente des reliques, de nouvelles châsses étaient offertes dans le goût fastueux de l’époque. Tapissées de cuir bleu de Cordoue, elles s’ornaient de bas-reliefs et de statuettes en argent ciselé, de candélabres dorés. L’ensemble était inauguré en 1634 par Philippe de Lignéville, grand Prévôt du Chapitre de Saint-Dié.

Comme bien on pense, la piété des fidèles y trouvait son compte et les nombreuses fêtes, prévues au Rituel, étaient l’occasion de pèlerinages très fréquentés. Il s’y mêlait d’ailleurs, avec les « Kyriolés », un aspect folklorique charmant. Tous les ans, le lundi de la Pentecôte, les paroisses relevant du Chapitre étaient tenues d’apporter à l’Abbesse un hommage symbolique. A grand renfort de bannières, elles arrivaient en procession, portant des branches fleuries : Saint-Nabord, des églantines ; Dommartin, des genévriers ; Saint-Etienne, du cerisier ; Vagney, du sureau ; Saulxures, du saule ; Raon-aux-Bois et Rupt, du genêt ; Plombières et Bellefontaine, de l’aubépine. La Communauté de Saint-André brandissait des branches de lilas, en chantant une naïve supplique dont texte et musique nous ont été conservés. Saint-Maurice se distinguait, non sans peine, à certaines années chaudes, avec ses hottées de neige, recueillies dans les creux du Ballon de Servance.

Tout cela disparut dans la tourmente révolutionnaire ; les châsses elles-mêmes et tout le riche mobilier devinrent la proie des Jacobins, pour échouer à la Monnaie de Metz. Toutefois, avant l’effraction, les reliques purent être sauvées et mises à l’abri par les soins d’une douzaine de familles de Remiremont, dont les noms ont été retenus. Il convient d’ajouter qu’une partie de ces ossements, garés personnellement par Mme de Monspey, la dernière Doyenne du Chapitre, qui se réfugia sur ses terres du Lyonnais, sont encore en possession de ses héritiers au château de Montchervet (Rhône).

Par décision du 16 février 1801, le Conseil municipal ayant décidé la réouverture comme église paroissiale de l’antique collégiale du Chapitre, les reliques y reprirent place dans des châsses de fortune. La reconnaissance canonique faite par M. Georgel, Vicaire général, le 7 mars 1803, marqua la reprise du culte traditionnel des Corps Saints.

Malheureusement, deux incendies assez reprochés, 29 janvier 1871 et 8 juillet 1886, ravagèrent l’église et son mobilier, reconstitué au cours du siècle. Les reliques ne furent qu’en partie sauvées, puis replacées dans les châsses en bois doré que l’on voit aujourd’hui sur les alvéoles du grand retable. Une procession solennelle, présidée par Mgr de Briey, Evêque de Saint-Dié, les avait au préalable portées à travers les rues de la ville, cérémonie qui eut sa réplique en 1953, lors des fêtes du XIIIe Centenaire de la mort de Saint Romary.

Il est certain que, de nos jours, le culte des Corps Saints n’a plus retrouvé sa ferveur d’antan. Et les raisons en sont multiples. Les pauvres Saints, dans leurs reliquaires, sont perdus bien haut dans ce décor qu’on aimait au Grand Siècle ! Et Notre-Dame du Trésor, si avenante avec son Petit Jésus, sollicite de préférence, comme il se doit, la prière de quiconque pénètre dans l’église de Remiremont. De surcroît, la récente réforme liturgique, qui vient de réduire considérablement le sanctoral, semble sanctionner la désaffection de la spiritualité contemporaine à l’égard des Saints, auxquels nos aïeux portaient un attachement aussi naïf que sincère, une confiance totale, intéressée parfois, et toujours émouvante en ses manifestations.

Cette longue évocation historique des Corps Saints, pour sommaire qu’elle soit, n’avait d’autre but que d’en garder au moins le souvenir.

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Vendredi 25 juillet
25/07 Journée de prière et de jeûne pour nos frères chrétiens persécutés (...)
Depuis quelque temps, nous apprenons tous les jours les persécutions extrêmement rudes que vivent les chrétiens d’Irak. Ceci nous fait réaliser qu’être chrétien signifie, tôt ou tard, participer à la croix du Christ. Les chrétiens persécutés le vivent dans leur chair. Unissons-nous à eux par la prière et le jeûne ce vendredi 25 juillet.
Vendredi 25 Juillet 2014
Vendredi 25 juillet 09:00-09:30
Thaon
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Église Saint-Luc de Raon l’Étape
Samedi 26 juillet 18:00-19:00
Thaon
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