Travailleuse missionnaire de l’Immaculée, soeur Ika doit son prénom à sa place d’aînée. Des études supérieures conduisirent Theresia Ika Dalayanti vers l’enseignement. Elle assurera pendant une douzaine d’années la charge d’enfants en maternelle.
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Au plus profond de sa mémoire, Ika se
souvient d’une lumière intérieure. “J’ai
vécu longtemps en oubliant presque un
premier Appel ressenti à l’âge de 8 ans.
Il était alors plus de minuit, j’avais vu un
film sur Sainte Bernadette. Le temps est
passé... Confusément, par rapport à ma
vie, d’adulte, je sentais que quelque chose
n’allait pas, sans trop savoir quoi...”
Une initiative du curé de la paroisse de
la Trinité à Jakarta devait bousculer les
données.
“Tous les mois, des rencontres étaient organisées avec des religieux pour solliciter des vocations... C’est là qu’un mercredi de 1998, j’ai fait connaissance d’une Française et d’une Calédonnienne. Il s’agissait de deux Travailleuses de l’Immaculée. Elles étaient de la Famille Missionnaire Donum Dei. J’ai été frappée par tant de joie en elles. Quelqu’un traduisait leurs paroles. Je les regardais simplement, j’ai été conquise... Je savais que c’était là, parmi ces soeurs, vierges laïques et carmélites que je voulais demeurer dans le monde... J’avais trouvé ma place. J’étais comme poussée, je n’arrivais plus à m’arrêter, comme une pierre qui dévale la montagne !”
Tout un parcours
La Famille Missionnaire Donum Dei n’a
pas pied à terre en Indonésie d’où Ika est
originaire. 1999 fut l’année du départ
pour Rome pour mieux y découvrir la
communauté. “Ce fut difficile, car les
rythmes de vie sont tellement différents
de ceux que je connaissais... Après 4 mois,
je suis venue à Besançon pour y apprendre
le Français.”
Envoyée à Domremy en 2000, soeur Ika
ira en 2001 dans le Doubs. En 2002, ce
sera Lisieux. En septembre 2002 viendra
le temps d’approfondir les Sciences religieuses
à Rome.
À l’exemple de Sainte Jeanne d’Arc et
des premières vierges chrétiennes, en
2003 Ika s’est engagée envers le Christ
par des Fiançailles. Elle confirmera définitivement
sa vocation en 2010, par les
Épousailles. S’offrir à l’Amour de Dieu et
prendre profession de tertiaire séculière
carmélitaine.
“Lorsqu’ils repartent, ils ne sortent pas d’ici indemnes”
Ses études achevées en 2007 permirent
à la jeune sœur de participer à l’organisation
déployée en 2008 pour la venue
du Pape à Lourdes. En 2009 elle prendra
connaissance de sa mission à Domremy :
aider le Père Lambert, recteur de la
Basilique Sainte-Jeanne d’arc et œuvrer
à l’Accueil du Pèlerin. Pas une mince
affaire, car outre les tâches de secrétariat
(téléphone, renseignements,
enregistrements de demandes de baptêmes,
de mariages...)
Ika se doit de
recevoir les visiteurs. Ceux qui aiment
Jeanne d’Arc et les simples curieux.
“C’est très émouvant de voir les intentions
écrites sur le livre... Il m’arrive de trouver
des gens en larmes... Certains viennent de
très loin, veulent être discrets... d’autres
demandent d’être guidés.”
Les yeux de Sœur Ika brillent. “L’endroit est magnifique, je sors parfois du bureau pour rencontrer des gens qui au départ étaient simplement venus se balader, et qui, je le vois, recherchent autre chose... Jeanne d’Arc est une héroïne nationale, mais il faut faire vivre sa spiritualité, elle est une sainte laïque au milieu du monde...” Quelques visiteurs, mais très peu, se montrent discourtois, voire agressifs. “Peut-être ont-il une blessure du passé et deviennent alors hostiles, mais s’ils ont fait la démarche de venir c’est qu’ils ont besoin de quelque chose ! J’espère qu’ils recevront la grâce... Je suis certaine que lorsqu’ils repartent, ils ne sortent pas d’ici indemnes !”
Il faut commencer par aimer
Sœur Ika porte une attention toute
particulière aux plus abandonnés spirituellement.
Elle écoute. “C’est parfois
plus facile de se confier à quelqu’un que
l’on ne connaît pas... Je vois que les gens
ont besoin de vie spirituelle, même s’ils ne
l’avouent pas... Beaucoup de catholiques,
mais aussi des musulmans et d’autres
viennent ici, ils veulent mieux connaître
l’histoire de la sainte.”
Les journées de Sœur Ika consistent
aussi à suivre les offices religieux et souvent
à donner un coup de main en salle
de restaurant de l’Accueil du Pèlerin.
Quand vient le soir, avec les autres Missionnaires,
des prières sont dites pour
les intentions laissées.
Ses parents, son pays... manquent parfois
à la religieuse. Mais son sourire et
son cœur sont ouverts à la terre entière.
“Vous savez, dès que l’on change d’endroit,
de compagnie, il faut commencer
par aimer...”
Ika avoue tout de même que si elle
devait quitter Domremy, elle regretterait
la beauté et la grandeur de cet
endroit atypique où même des non-croyants
assurent trouver la paix. Près
de Sainte Jeanne d’Arc des miracles se
produisent-ils ? “Il y en a sans doute de
discrets...”.
Josée Tomasi-Houillon
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